31 juillet 2006

en crise

Mon blog en polonais est en avance sur mon blog en français. C’est que j’ai deux têtes – quel monstre ! Ai-je aussi deux esprits?

30 juillet 2006

J'ai raconté une dizaine d'histoires. Sur le charbon, sur l'abeille, sur l'enfant, sur Cracovie...

Les précisions plus tard car maintenant j'ai envie de visiter des cimetières.

29 juillet 2006

Je commence à 16 heures à Drohiczyn

Marc, un ami Belge, soutient que dans notre métier de journaliste, la chance fait partie du talent. Je ne sais pas si j’arriverai à illustrer cette thèse mais la chance est décidemment de mon côté.
J’ai choisi la fête du village à Drohiczyn, sur la rivière Bug, à 50 kilomètres de la frontière biélorusse
Tout de suite tout a marché comme sur des roulettes. Un coup de fil à la mairie et j’ai un gît 25 zloty la nuit (8 euro). Je rate le bus, je suis à la gare, paumée, voilà qu’un inconnu m’aborde me proposant une place dans sa voiture contre 20 zloty (5 euros). Non, ce n’est pas une blaque!
En résultat, je suis arrivée à Drohiczyn plus vite qu’en bus.
Et puis la ville elle-même…
Il y a deux Drohiczyn, le mien celui sur la rivière Bug, l’autre virtuel, que l’on ne trouve que sur l’internet.
Ce village virtuel, polonais avant la guerre, s’il existait toujours aujourd’hui appartiendrait à l’Ukraine. Il a été totalement rasé. En 1942 le 25 juillet et le 17 octobre les nazi ont assassiné 5 000 juifs, habitants de Drohiczyn. C’était un massacre. Après la guerre Reb Dov Warszawski a écrit en iddisz „Le livre de la mémoire” intitulé : „Drohiczyn, cinq siècles de l’histoire juive”. Ce texte est accessible sur l’internet.
Le journaliste polonais, Jacek Moskwa, aidé par des amis, en a pris connaissance. Il dit que Drohiczyn était une petite capitale de la kabbale. C’est justement la bas que rabbi Dovid Jafa créa le dernier golem de l’histoire. Celui là involontairement aurait mis feu au village. Périt-il dans les flammes ? Il se peu qu’il ait réussi à s’enfuir…
Est-ce que l’anéantissement d’un des deux villages portant le même nom, habités par des Juifs, n’infuencerait pas le survivant ? Une parcelle de l’esprit du disparu ne pourrait-elle pas glisser dans les murs, s’infiltrer dans la terre, ombrager le ciel du village sauvegardé ?
Balivernes !
Je ne vais pas courrir derrière le golem ni m’efforcer à chercher les traces d’on ne sais quoi. Dans mon Drohiczyn sur le Bug il y a un cimetière juif abandonné. Il y habite aussi une femme, qui porte le titre de „ Juste parmi les nations” pour avoir sauvé les juifs.

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24 juillet 2006

Je suis Polonaise et pourtant il m'est plus facile d'inventer des histoires en francais ou en russe

Hier ma mère m’a demandé d’une voix douce qu’on emploie en parlant à des fous : - Mais pourquoi, ma cherie, tiens-tu tellement à raconter des histoires ?J’ai répondu du tac à tac : - Parce que je sais le faire.
Parce que je veux faire qc de gratuit, qui ne sert à rien.
Sauf que personne n’en a besoin.
J’ai du me produire pour la première fois sur une fête foraine samedi le 22 juillet. J’ai repousse le départ pour le week-end du 29-30. J’ai la trouille, bien sûr. Mais il y a aussi autre chose. Je suis Polonaise, le polonais c’est ma langue natale et pourtant en un sens il m’est plus facile d’inventer des histoires en français ou en russe. Parce que „nul est prophète chez soi” ? Peut-être.
Voilà pour mes états d’âme.
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21 juillet 2006

Ca y est, c'est parti, je vais raconter des histoires sur des fetes foraines en Pologne

Dans deux jours je me lance dans l'aventure. Aussi invraissamblable aue cela puisse paraitre, je vais raconter des histoires sur des fetes foraines en Pologne.

Occupation : conteuse des histoires « sur mesure »
Lieu : Pologne – foires, fêtes du village, fêtes religieuses.
Temps : du 24 juillet à la mi-septembre 2006
Principe : tu me dis un mot, un seul, et aussitot je me mets à parler en inventant une histoire autour de ce mot.
Action : j’arrive sur place, je mets une pancarte : Je raconte des histoires sur mesure, pour toi, gratuitement. Quand il y a un volontaire, je m’exécute. Quand il n’y en a pas, j’aborde les gens.
Expérience : J’ai raconté des histoires pendant une semaine à Antananarivo à Madagascar. J’année prochaine au printemps je pense faire pareil à Odessa.

Un peu de théorie :
Je dis que mes histoires meurent au moment de leur naissance, parce qu’elles ne seront ni écrites nie enregistrées. Je les invente, en brodant autour du mot donné, au fur et à mesure que je parle. La tension est telle, qu’ensuite je ne me souviens de rien. Mon interlocuteur, se souviendra-t-il de ce que j’ai dit ? Je ne sais pas.

Je n’appartiens pas à la belle et longue lignée des conteurs qui racontaient pour sauver de l’oubli. Tout le contraire. Mes histoires doivent tomber dans l’oubli. C’est leur destin, pareil au nôtre, à celui des hommes.
Je ne sais pas si c’est que je fais c’est de l’art. Mais je veux que mes histoires soient semblable à l’homme : périssables. A mes yeux l’ultime oeuvre d’art c’est le corps humain car sa beauté s’effrite puis fond, vouée à l’anéantissement.


> Lire aussi mon blog en polonais Opowiadam historie

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